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Les plus belles randonnées du Queyras en automne
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Les plus belles randonnées du Queyras en automne

L'équipe OpenRando

Il existe en France un moment précis, bref et inoubliable, où les Alpes du Sud se parent d'or. Ce moment, c'est le jaunissement des mélèzes dans le Queyras. Pendant deux à trois semaines — généralement entre le 5 et le 20 octobre — les forêts de haute montagne virent du vert au jaune pâle, puis à l'or profond, avant de tomber. Le spectacle est unique en Europe : le Queyras concentre l'une des plus grandes forêts de mélèzes du continent, et ses sentiers offrent des points de vue sur ce phénomène que nulle autre vallée n'égale.

Voici les sept randonnées à ne pas manquer cet automne pour vivre pleinement cette fenêtre de couleurs.

Le mélèze, seul conifère à perdre ses aiguilles

Avant de chausser les chaussures de randonnée, un rappel botanique qui change tout à la compréhension du spectacle : le mélèze (Larix decidua) est le seul conifère indigène d'Europe à perdre ses aiguilles chaque hiver. Cette adaptation lui permet de résister aux hivers extrêmes des Alpes intérieures, où les chutes de neige et les températures négatives dureraient jusqu'à mai sur des résineux persistants.

C'est cette particularité qui crée le « larchember » — mot-valise anglais entre larch (mélèze) et september/october — que les randonneurs du monde entier viennent photographier dans les Alpes suisses, autrichiennes et françaises. Dans le Queyras, l'altitude des forêts (entre 1 800 et 2 200 m) et le climat continental sec créent des couleurs particulièrement intenses : un or lumineux que le soleil de l'arrière-saison rend presque irréel.

1. Le lac de Roue depuis Arvieux

Niveau : difficile — 10,8 km — 292 m D+

Commencer par le lac de Roue, c'est prendre la mesure du Queyras avec douceur. La randonnée au départ d'Arvieux longe d'abord le torrent de la Combe du Queyras, traverse des forêts de mélèzes denses et débouche sur le lac à 2 227 mètres d'altitude. En octobre, les rives sont bordées d'or, le lac reflète les aiguilles à la surface calme de l'eau, et le silence n'est rompu que par le vent dans les branchages.

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Le retour par les chalets de Souliers ajoute une dimension pastorale : les alpages désertés des troupeaux, les cabanes en bois sombre, les croix de pierre qui marquent les cols depuis le Moyen Âge. C'est une randonnée parfaite pour une première journée dans la vallée, ou pour une sortie familiale avec des enfants à l'aise en montagne.

Ce qu'il faut emporter : des bâtons télescopiques pour la descente sur les pierriers humides du matin, et une couche chaude pour la pause au lac où le vent peut surprendre.

2. Le lac de Souliers et le col Tronchet depuis Arvieux

Niveau : difficile — 9,7 km — 663 m D+

Une variante plus physique depuis le même point de départ. Le lac de Souliers à 2 484 mètres est entouré de falaises grises qui contrastent avec le tapis doré des mélèzes en contrebas. La montée au col Tronchet (2 637 m) récompense les marcheurs par un panorama sur la haute Durance et les massifs italiens.

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Prévoir une journée entière et partir tôt : en octobre, le soleil disparaît derrière les crêtes dès 16h30 et les températures chutent rapidement. Une veste softshell légère et des gants deviennent indispensables au-dessus de 2 400 mètres.

3. Le col Agnel depuis Pontechianale

Niveau : modéré — 5,3 km — 306 m D+

Le col Agnel (Colle dell'Agnello en italien) à 2 744 mètres est le troisième col routier le plus haut d'Europe. La randonnée qui y mène depuis le versant français (Pontechianale côté italien, accessible depuis Château-Queyras) est courte mais vertigineuse de beauté. On traverse le Col Vieux à 2 806 mètres, point frontière entre la France et l'Italie, avec des vues sur le Viso — ce pain de sucre piémontais qui domine la plaine du Pô par temps clair.

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En automne, les mélèzes couvrent les versants jusqu'à 2 200 mètres d'altitude. Au-delà commence la zone subalpine : pelouses rases, genévriers nains, lichens orangés sur les rochers. Le contraste entre la végétation colorée en bas et la roche nue en haut est saisissant.

4. Saint-Véran par les crêtes et la chapelle de Clausis

Niveau : expert — 14,8 km — 920 m D+

Saint-Véran est le village habité le plus haut d'Europe (1 990 m), et la randonnée qui y monte par les crêtes depuis la Chapelle de Clausis est l'une des plus belles du massif. Elle traverse les hauts chalets d'alpage de la Combe du Queyras, longe des cairns millénaires et offre des vues sur les glaciers du Viso et les Écrins.

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Le village lui-même mérite une halte prolongée. Les maisons en bois de mélèze noirci par les siècles, les cadrans solaires peints sur les façades, le four banal medieval et l'église du XVII^e siècle forment un ensemble architectural unique en France. En octobre, le contraste entre les façades sombres et les forêts dorées en contrebas est spectaculaire.

Pour les photographes : arriver en fin d'après-midi pour la lumière rasante sur les façades. Prévoir un trépied compact pour les poses longues au lever ou au coucher du soleil.

5. Le sentier du Grand Canal depuis Saint-Véran

Niveau : difficile — 11,9 km — 385 m D+

Moins connu des guides de randonnée, ce sentier suit l'ancien canal d'irrigation qui alimentait les villages en eau depuis le XVI^e siècle. Il traverse des forêts de mélèzes à flanc de versant, avec des vues plongeantes sur Saint-Véran et la vallée du Guil en contrebas.

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La particularité de cette randonnée : elle reste à basse altitude (entre 1 900 et 2 300 m) et est donc praticable jusqu'à fin octobre, même après les premières neiges sur les sommets. Les mélèzes y sont au plus beau entre le 10 et le 20 octobre.

6. Le pic de Molines depuis Molines-en-Queyras

Niveau : expert — 12,4 km — 855 m D+

Pour les randonneurs expérimentés cherchant de l'altitude, le pic de Molines et le col du Clot du Loup offrent un panorama à 360° sur le massif. On domine les vallées du Queyras d'un côté, les Écrins de l'autre, avec le Viso en toile de fond et les forêts de mélèzes à perte de vue en contrebas.

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Réserver cette randonnée aux journées à haute pression atmosphérique : la trace passe par des crêtes exposées où le vent peut être violent dès octobre. Vérifier la météo la veille avec un service montagne spécialisé.

7. La chapelle Saint-Simon depuis Molines-en-Queyras

Niveau : difficile — 11,8 km — 549 m D+

Une randonnée d'ambiance qui mêle patrimoine religieux et forêts de mélèzes. La chapelle Saint-Simon, perchée sur son promontoire au-dessus du village, est un lieu de pèlerinage depuis le Moyen Âge. Le sentier y monte à travers des sous-bois denses, puis traverse des alpages où les chamois et les marmottes sont encore actifs avant l'hivernation.

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En automne, c'est aussi une excellente randonnée pour observer les oiseaux migrateurs : le Queyras est sur l'axe de migration des rapaces qui descendent des Alpes vers la Méditerranée en septembre et octobre.

Quand exactement partir pour les couleurs

La fenêtre d'or est courte et dépend de l'altitude et des conditions de l'année.

  • Début octobre (1-7 oct.) : les premières couleurs apparaissent sur les versants les plus élevés (au-dessus de 2 100 m). Les mélèzes sont encore partiellement verts aux altitudes moyennes.
  • Mi-octobre (8-20 oct.) : le pic de couleur, avec des forêts entièrement dorées entre 1 800 et 2 200 m. C'est la fenêtre idéale pour la majorité des randonnées de cet article.
  • Fin octobre (21-31 oct.) : les aiguilles commencent à tomber. Les versants abrités conservent leurs couleurs plus longtemps. Les sommets peuvent être enneigés.

Pour suivre l'avancée du jaunissement en temps réel, consulter les forums locaux des guides de haute montagne basés à Guillestre ou Molines-en-Queyras — ils publient des photos hebdomadaires en saison.

Accès et logistique

Le Queyras est accessible depuis Gap (1h30) ou Briançon (45 min) par la D902. La route du col Agnel ferme dès les premières neiges importantes (généralement mi-octobre ou novembre). En semaine hors vacances scolaires, les parkings des trailheads sont peu fréquentés — un confort bienvenu pour profiter des couleurs en toute tranquillité.

Pour le bivouac, le parc naturel régional du Queyras autorise le campement sauvage à une heure de marche des routes et des villages. Une tente légère et un bon sac de couchage (les nuits descendent sous 0°C en altitude dès septembre) permettent d'explorer la haute montagne depuis des camps de base isolés.

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