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Les plus belles randonnées de l'Aubrac : estives, burons et chemin de Compostelle
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Aubrac
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Les plus belles randonnées de l'Aubrac : estives, burons et chemin de Compostelle

L'équipe OpenRando

Quand on parle de hauts plateaux français, l'Aubrac figure en bonne place. Pas les sommets vertigineux des Alpes, pas les gorges spectaculaires du Verdon — ici, la grandeur est horizontale. Sur 60 km d'est en ouest, un plateau ondulé à 1 200 mètres d'altitude se déroule comme une nappe verte, criblé de lacs, parsemé de burons en pierre volcanique, traversé par le GR65, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle le plus emprunté de France.

Randonner en Aubrac, c'est faire l'expérience du vent dans les herbes ras, du silence de mi-semaine, des vaches aubrac dont les sonnailles créent une musique d'ambiance impossible à retrouver ailleurs. C'est aussi un terrain de jeu sous-estimé, encore peu saturé en pleine saison — ce qui en fait un excellent choix pour septembre.

L'Aubrac, un plateau à part

Le plateau de l'Aubrac couvre trois départements : Aveyron, Lozère et Cantal. À 1 000–1 400 mètres d'altitude, il est soumis à un climat atlantique d'altitude : les matins peuvent être froids même en été, les orages arrivent vite l'après-midi, et le brouillard n'est jamais loin en automne.

Géologiquement, c'est un ancien volcan éteint. Les roches basaltiques sombres donnent aux murs en pierre noire des hameaux une patine unique. Les estives — ces pâturages collectifs loués aux éleveurs — couvrent plus de 80 % des terres. Les vaches aubrac, blondes aux yeux cerclés de noir, sont omniprésentes. Hors sentiers balisés les chemins peuvent être incertains, mais les burons (anciens chalets de fromagers) servent de repères infaillibles.

Pour des randonnées bien documentées dans d'autres massifs français, consultez la page Explorer d'OpenRando.

Le tour des burons depuis Aubrac

Difficulté : Facile | Distance : 12 km | Dénivelé : 250 m | Durée : 3h30

Le village d'Aubrac, commune de Saint-Chély-d'Aubrac en Aveyron, est le point de départ idéal pour découvrir le plateau sans se perdre. Ce circuit boucle autour des burons les mieux conservés de la zone, longeant la forêt domaniale vers l'est avant de revenir par les crêtes.

Départ depuis le parking de l'église romane du XIIe siècle. Cap sud par le GR65 sur 2 km, puis bifurcation est vers le buron de Cambrassatz. La piste rejoint ensuite la ferme de Belvezet, l'une des dernières à produire de la tome d'Aubrac artisanale. Retour par le chemin des crêtes avec une vue dégagée à 360° sur le plateau.

Le terrain est roulant mais les bourbiers après la pluie peuvent surprendre — emportez des bâtons légers pour stabiliser les passages humides.

La cascade du Déroc

Difficulté : Facile | Distance : 6 km | Dénivelé : 120 m | Durée : 1h45

Le Déroc est la seule vraie cascade du plateau. Alimentée par la rivière Bès, elle tombe d'une trentaine de mètres dans un cirque rocheux. Son attrait tient moins à la hauteur qu'au cadre : un goulet de basalte sombre, humide en toute saison, entouré de fougères et de sorbiers des oiseleurs aux fruits rouges en septembre.

Point de départ : parking de Brameloup, commune de Saint-Chély-d'Aubrac. Sentier balisé en jaune, bien entretenu. La descente finale vers la cascade est raide sur 200 m — attention aux chaussures sur basalte mouillé. Le retour par le rebord de plateau offre un panorama sur la vallée du Bès et les forêts de Lozère.

Le GR65 entre Nasbinals et Saint-Chély-d'Aubrac

Difficulté : Moyen | Distance : 15 km | Dénivelé : 450 m | Durée : 4h30

Ce tronçon du chemin de Compostelle est l'un des plus beaux de la Margeride-Aubrac. Il part de Nasbinals (1 180 m), traverse le haut plateau ouvert, descend dans la vallée du Dourdou de Marchastel et remonte vers Saint-Chély via la croix de Signalauze.

En semaine hors juillet-août, il est fréquent de ne croiser que trois ou quatre marcheurs sur toute l'étape. Le marquage coquille est irréprochable, ce qui rend la navigation sans carte très raisonnable. La descente finale vers Saint-Chély (250 m de descente sur 3 km) sollicite les genoux — un sac bien équilibré fait toute la différence sur la posture.

Pour faire cette étape dans l'ambiance pèlerine, comptez une nuit à l'auberge de Nasbinals la veille.

Les tourbières et la flore d'altitude

Difficulté : Très facile | Distance : 5 km | Dénivelé : 80 m | Durée : 1h30

Entre Nasbinals et le lac des Salces, une zone humide peu fréquentée abrite une flore d'altitude rarissime : sphaignes, linaigrettes (les « coton-graminées » blanches si photogéniques en été), grassettes à fleurs violettes. En septembre, les linaigrettes sont encore présentes si l'été n'a pas été trop sec, et les teintes de la tourbière virent à l'ocre.

Le circuit emprunte un sentier pédagogique créé par le Parc Naturel Régional de l'Aubrac. Les panneaux explicatifs sont clairs et bien entretenus. Le lac des Salces, en fin de boucle, est un excellent spot pique-nique : eau fraîche, berges herbeuses, quasi absence totale de monde.

Important : rester impérativement sur les sentiers balisés. Hors chemin, les tourbières peuvent engloutir un pied jusqu'au genou.

La montée au signal de Mailhebiau

Difficulté : Moyen | Distance : 10 km | Dénivelé : 300 m | Durée : 3h

À 1 469 mètres, le signal de Mailhebiau est le point culminant de l'Aubrac. Le sommet est marqué par un pylône — ce qui peut décevoir les puristes — mais la vue est sans équivalent : par temps clair, on aperçoit le Plomb du Cantal au nord-ouest, le Mont Lozère au sud-est, et les Cévennes à l'horizon sud.

Départ depuis le hameau de Lacalm en Aveyron. Montée régulière par un GR bien balisé, traversant les estives et une forêt de hêtres en lisière. Descente possible par le versant Lozère vers le Pont de Gournier si vous avez deux véhicules.

Les gorges de la Truyère

Difficulté : Difficile | Distance : 18 km | Dénivelé : 600 m | Durée : 6h

La Truyère creuse des gorges spectaculaires à l'est du plateau, aujourd'hui en partie noyées par le barrage de Grandval (lac de Sarrans). Le sentier longe les méandres du lac sur une crête exposée avec des vues plongeantes impressionnantes.

C'est la randonnée la plus engagée de cette sélection : terrain accidenté, peu d'ombre, points d'eau rares en été. En septembre, les températures sont supportables mais emportez au moins 2 litres. Une gourde filtrante vous permettra de vous ravitailler dans les ruisseaux latéraux en toute sécurité.

Quand y aller et où dormir

Septembre est la meilleure fenêtre. Le plateau se vide après les vacances d'été, les sentiers retrouvent leur rythme normal après le 20 août, les fleurs d'automne commencent à pointer, et les vaches sont encore en estive jusqu'à la désalpe en octobre. Les journées restent longues jusqu'à mi-septembre (coucher du soleil vers 20h15 en Aveyron).

Octobre est magnifique pour les couleurs des hêtres en lisière, mais les orages sont fréquents et certains gîtes d'étape ferment dès le 1er octobre.

Hébergement

  • Nasbinals concentre le plus de gîtes et chambres d'hôtes, avec plusieurs auberges de pèlerins très bien tenues.
  • Saint-Chély-d'Aubrac dispose d'une supérette et d'un café-restaurant ouvert en saison.
  • Bivouac : le plateau offre des spots légaux en dehors des zones cultivées — vérifiez les arrêtés préfectoraux avant de partir.

Comment y aller

La gare la plus proche est Marvejols (ligne Clermont-Paris), à 40 km. En voiture : A75 sortie 35 (Saint-Chély-d'Apcher côté Lozère) ou sortie 42 (Laissac côté Aveyron).


Pour d'autres grandes randonnées françaises, consultez nos articles sur la traversée du Vercors en 4 jours et les randonnées en septembre en montagne.

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