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Tiques et insectes en randonnée : le guide complet pour se protéger
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Tiques et insectes en randonnée : le guide complet pour se protéger

Hugo Gualtieri

Le printemps et l'été sont les saisons idéales pour explorer les sentiers de forêt, les sous-bois et la garrigue. Mais avec la chaleur et la végétation luxuriante viennent aussi les insectes — et parmi eux, quelques nuisances dont il faut apprendre à se protéger. Tiques, moustiques, taons, aoûtats ou frelons : chacun représente un risque différent, avec des parades adaptées.

Ce guide recense les principaux insectes et acariens rencontrés en randonnée en France, explique comment les éviter et donne les bons réflexes à adopter avant, pendant et après la sortie.

Les tiques : où les trouver, quand agir

Où se trouvent-elles ?

Les tiques affectionnent les milieux humides et ombragés : lisières de forêt, sous-bois, fougères, herbes hautes, prairies. En Provence, les garriques et les zones boisées sont particulièrement concernées dès le printemps. Contrairement à une idée reçue, elles ne tombent pas des arbres — elles attendent à hauteur de végétation (herbes, buissons) et s'accrochent au passage.

Saison à risque : d'avril à octobre, avec un pic de mai à juillet. La tique du cerf (Ixodes ricinus) est active dès 7–8 °C. En Provence, elle peut piquer dès le mois de mars.

Zones sur le corps : les tiques remontent sous les vêtements et cherchent les zones chaudes et peu visibles — aisselles, plis du genou, derrière les oreilles, nuque, aine, nombril.

Comment éviter les piqûres

Quelques mesures simples réduisent fortement le risque :

  • Couvrez-vous : pantalon long rentré dans les chaussettes, manches longues. Des vêtements traités à la perméthrine ou des textiles à mailles serrées constituent une barrière efficace.
  • Utilisez un répulsif : appliquer un répulsif contenant du DEET, de l'icaridine (picaridin) ou du IR3535 sur les zones exposées (poignets, chevilles, nuque). Renouvelez l'application toutes les 2 à 4 heures.
  • Restez sur les sentiers : évitez de traverser des zones d'herbes hautes ou de fougères, ou de vous asseoir à même le sol.
  • Vérifiez vos compagnons : les chiens ramènent souvent des tiques après une sortie en forêt.

Retirer une tique : les bons gestes

Si vous trouvez une tique accrochée, pas de panique — agissez vite et avec la bonne méthode.

Ce qu'il faut faire :

  1. Utiliser une pince à tiques spéciale (crochet tire-tique ou pince fine).
  2. Attraper la tique au plus près de la peau, sans écraser son corps.
  3. Tirer doucement avec un mouvement rotatif, sans à-coups.
  4. Désinfecter la zone avec un antiseptique.
  5. Noter la date de la piqûre et surveiller l'apparition d'une rougeur en auréole dans les jours suivants.

Ce qu'il ne faut pas faire :

  • Ne pas écraser la tique, ne pas l'étouffer avec de l'alcool, de la vaseline ou une flamme — cela favorise la régurgitation et augmente le risque d'infection.
  • Ne pas arracher la tique avec les doigts nus.

Les moustiques : gérer l'inconfort estival

En forêt, près des zones humides, rivières et étangs, les moustiques sont inévitables aux heures crépusculaires et en soirée. En France métropolitaine, ils sont surtout gênants mais rarement dangereux — sauf pour les personnes allergiques ou dans les régions où le moustique tigre (Aedes albopictus) est établi, notamment en PACA.

Répulsifs efficaces : les produits à base d'icaridine (picaridin) sont très efficaces contre les moustiques et bien tolérés par la plupart des peaux. Les formules longue durée (8 h) sont idéales pour les sorties de journée.

Vêtements : les moustiques piquent à travers les textiles fins. Privilégiez des matières tissées plus serrées ou des vêtements anti-moustiques traités.

Aux bivouacs : si vous dormez en tente, vérifiez l'intégrité de la moustiquaire. Une tente avec moustiquaire intégrée est indispensable dans les zones humides.

Les taons : l'ennemi des journées chaudes

Le taon (Tabanus) est plus difficile à dissuader que le moustique. Il attaque en plein jour, par temps chaud et humide, souvent près des prairies et des zones boisées. Sa piqûre est douloureuse et peut provoquer une réaction locale significative.

Que faire ?

  • Les répulsifs classiques sont moyennement efficaces sur les taons : l'icaridine aide, le DEET est plus performant.
  • Porter des couleurs claires : les taons sont davantage attirés par les couleurs sombres et les surfaces brillantes.
  • Marcher à bonne allure — les taons ont du mal à suivre un marcheur rapide.
  • En cas de piqûre, désinfecter et appliquer une crème anti-démangeaisons si la réaction est importante.

Les aoûtats : la nuisance de fin d'été

Les aoûtats (Neotrombicula autumnalis) sont de minuscules larves d'acariens, pratiquement invisibles à l'œil nu. Ils se fixent sur la peau — surtout au niveau des zones de frottement (tour de la cheville, ceinture, poignets) — et provoquent des démangeaisons intenses, parfois 12 à 24 heures après la balade.

On les rencontre de juillet à octobre dans les herbes, les fougères et la garrigue de Provence.

Comment s'en protéger :

  • Porter des vêtements couvrants et des guêtres qui ferment bien.
  • Appliquer un répulsif sur les chevilles et les poignets avant de partir.
  • Se doucher rapidement après la randonnée — ils restent souvent un moment sur la peau avant de piquer.
  • En cas de démangeaisons, une crème antihistaminique ou une crème à la cortisone soulage bien.

Frelons, guêpes et abeilles : passer sans provoquer

La plupart des rencontres avec des frelons ou des guêpes se passent sans incident — ces insectes ne piquent que lorsqu'ils se sentent menacés. Toutefois, perturber un nid accidentellement peut déclencher une attaque collective.

À faire si vous rencontrez un nid :

  • Rester calme, ne pas gesticuler ni frapper sur le nid.
  • S'éloigner lentement et silencieusement, sans chercher à courir.
  • Contourner largement si possible plutôt que de continuer sur le sentier.

En cas de piqûre :

  • Retirer le dard (pour les abeilles) avec l'ongle ou une carte rigide, sans pincer.
  • Appliquer du froid et, si nécessaire, un antihistaminique oral.
  • Les piqûres multiples ou une piqûre dans la bouche/gorge nécessitent une consultation d'urgence.

Allergie connue : si vous êtes allergique aux piqûres d'hyménoptères, n'oubliez jamais votre auto-injecteur d'adrénaline (EpiPen ou équivalent) et informez vos compagnons de randonnée avant le départ.

Choisir le bon équipement anti-insectes

Les répulsifs : quel actif choisir ?

ActifEfficacitéDuréeRemarques
DEETTrès haute4–8 hEfficace sur tiques et moustiques. Peut abîmer certains plastiques.
Icaridine (picaridin)Haute4–8 hTrès bien toléré, moins agressif que le DEET. Recommandé pour les enfants.
IR3535Modérée2–4 hOrigine naturelle, moins puissant. Idéal pour des sorties courtes.
PerméthrineHautePlusieurs lavagesÀ appliquer sur les vêtements uniquement — toxique en contact direct avec la peau.

Pour les enfants de moins de 2 ans, évitez les répulsifs chimiques — misez sur les vêtements couvrants.

L'équipement de protection

  • Guêtres de randonnée : elles ferment l'espace entre la chaussure et le pantalon — le point d'entrée préféré des tiques. Les guêtres légères en nylon sont suffisantes pour la forêt et la garrigue.
  • Pantalon léger à zip : convertible en short, il permet de s'adapter à la chaleur tout en conservant la protection en zone à risque.
  • Chapeau ou casquette : protège la nuque et le cuir chevelu, zones ciblées par les tiques lors des passages en sous-bois.

Le réflexe essentiel : l'inspection corporelle après la randonnée

Après chaque sortie en forêt, effectuez un check corporel complet :

  1. Déshabillage complet dès le retour, idéalement avant d'entrer dans la maison.
  2. Inspection de la totalité du corps dans un bon éclairage (ou avec l'aide d'un compagnon pour les zones peu visibles).
  3. Vérification particulière des zones chaudes et pliées : aisselles, plis des genoux, derrière les oreilles, nuque, aine, nombril, cuir chevelu.
  4. Mettre les vêtements directement au lavage à 60 °C — la chaleur élimine les acariens restants.
  5. Contrôler également les animaux de compagnie avec lesquels vous avez marché.

Si une tique est trouvée, la retirer immédiatement avec le bon outil (voir ci-dessus) et consigner la date. Une surveillance de 4 semaines permet de détecter précocement tout signe de Lyme.


La peur des tiques et des insectes ne doit jamais vous dissuader de randonner — avec les bonnes précautions, le risque est très gérable. Découvrez des sorties en forêt et sur les sentiers de Provence sur OpenRando, et retrouvez nos autres guides pour préparer vos randonnées sereinement :

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